«Mon père est très violent. Il me bat tout le temps. J’ai peur, très peur de vivre. La seule chose dont j’ai souvent c’est de me suicider.» Ceci n’est qu’un extrait d’un entretien entre une fille de 15 ans et la psychologue Madeleine Lobe.

Elle a bien voulu nous le fait lire, bien sûr en dissimulant les identités. Pendant les premières rencontres le spécialiste note un comportement pour le moins étrange chez la patiente. Regard dans le vide, étirements du corps, battements des paupières.

 

A l’école, il lui arrive de perdre connaissance. Personne dans son entourage n’arrive à la cerner. Aucune de ses camarades ne veut d’elle comme amie. C’est après plusieurs rendez-vous avec la psychologue qu’elle avoue avoir été violée à l’âge de 7 ans par son grand-père. Elle en avait parlé à sa grand-mère. Qui, non seulement avait nié la vérité. Mais lui avait exigé le silence.

Autre exemple, Boris. C’est un pseudonyme. Le garçon s’évanouissait souvent au lycée. Personne ne comprenait ce qui lui arrivait. Dans ses entretiens avec le jeune garçon, Madeleine Lobe découvre qu’il a été violé à plusieurs reprises par la femme de son père. A 10 ans, quand le père n’était pas là, elle obligeait l’enfant à lui faire un cunnilingus. Des années après, ils sont passés aux rapports sexuels. C’est à l’âge pubère que Boris prend conscience de tout ce qu’il est en train de subir. La seule façon pour lui de s’exprimer, «c’est par les crises à l’école, le seul endroit où il est libre.» Les parents qui deviennent des bourreaux pour leurs enfants.

Le comble c’est qu’ils sont une multitude à subir les violences sexuelles. La surprise est que la plupart des viols sont commis par les membres de la famille. Psychologue de formation, Madeleine Lobe côtoie tellement de cas de viol sur mineurs, filles comme garçons. Jusqu’en 2014 où elle était directrice de l’école publique d’Akwa, elle a rencontré des victimes de moins de 7 ans. Dans cet entretien, elle attire l’attention des parents et du reste de la société sur les conséquences des abus sexuels sur la victime.

© Camer.be : Valgadine TONGA

Share this post

Submit to DeliciousSubmit to DiggSubmit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to StumbleuponSubmit to TechnoratiSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn